Horrorcore Rap. Ou quand le rap va puiser l’inspiration dans le monde de l’horrifique. Un terrifiant mélange de gangsta rap, d’heavy métal et de thèmes repris directement du cinéma d’horreur : surnaturelle, satanisme, folie, meurtre ou suicide.

On reconnait une certaine frange importante du rap comme porteur d’un message « vivant », c’est-à-dire d’extériorisation de ses émotions, pulsions ou sentiments au travers de la fête et de la danse dans ses premières années, puis des femmes, des fringues et des bagnoles ensuite. Ici, le discours s’en vient quitter le consumérisme pour aborder des thèmes plus proches d’autres milieux musicaux ou culturels.

La profondeur du morceau dont il est ici question est d’avoir su créer au travers du thème du suicide une ambiance sombre et oppressante, accentuée par cette boucle hypnotique et obscure, tout en y insérant une forme d’humour et de second degré, perceptible au travers des paroles des trois rappeurs. Un décalage renforcé par le flow lent et lancinant du premier rappeur, « Frukwan / The Gatekeeper » (chaque rappeur se voyant affublé d’un blaze nouveau et unique au sein du groupe), psychadélique et fou du second, « Too Poetic / Grym Reaper » et enfin plus rapide et énervé sur le dernier couplet de RZA, aka RZArector, comme trois formes possibles d’un état mental d’individu prêt à passer à l’acte.

(Probablement) peu connu car peu rentable auprès du grand public (et également aussi bien d’un point de vue musical que des thèmes abordés), l’horrocore rap n’en demeure pas moins un genre spécifique au sein du hip-hop ayant produit certains des plus grands classiques du rap, Gravediggaz en tête, et démontre une fois de plus la grande versatilité du rap, s’inspirant de genres et d’imageries aussi divers que surprenants.

« Yeah, more graves to dig, goodbye

There’s no need to cry… cause we all die »